
Kanal Culture market
–Concours
Kanal Culture market
Projet 0
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À PROPOS DU PROJET
Pour le culture market du Centre Pompidou Kanal, la volonté était de créer un dispositif spatial fort, robuste et ludique. Au centre de l’espace, dans sa longueur, était disposés des petits wagons métalliques sur rails, pouvant être déplacés jusqu’à la rue intérieure du musée, créant des intéractions entre intérieur et extérieur. Les autres éléments de programme se condensaient dans les creux de la maçonnerie existante. Le sol était réalisé en bois de réemploi.
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Année
Maitrise d'ouvrage
Programme
Équipe
STATUT
BUDGET
SURFACE
ThÉMATIQUEs
contexte
Un espace clarifié, des limites habitées.
Pour travailler dans l’espace, il a fallu tout d’abord penser son sol et rendre régulier son plan.
Un sol technique, plancher bois de réemploi surélevé sur plots, libère l’espace tout en intégrant les réseaux nécessaires au fonctionnement. Il offre un support flexible, permettant l’ancrage des dispositifs sans imposer de configurations figées. Inspiré des infrastructures industrielles, le système de plancher absorbe les besoins techniques tout en assurant une modularité de l’espace.
Trois nouvelles épaisseurs, pensées comme des élargissements des limites, définissent l'espace central : à droite, la cabine d'essayage vient se nicher derrière des étagères; en face, sous la poute en acier, le comptoir de caisse s'implante dans l'alignement du mur en parpaings existant, clarifiant la lecture de l'espace central et profitant du creux pour accéder en toute sécurité au stockage adjacent; à gauche, une étagère est disposée, intégrant les portes existantes.
Redéfini de cette manière, l’espace central devient le lieu principal de monstration et de vente, incarnée par une intervention linéaire radicale, tel un meuble infini à la Superstudio, ou une stretch-limousine, un objet polyvalent, luxueux et fantasque.
Des étagères évolutives comme limites
Trois trames structurantes articulent la spatialité de la périphérie sans la cloisonner. À la croisée de l’échafaudage industriel et du mobilier scénographique, elles associent affichage, stockage et surfaces de présentation tout en dissimulant un vestiaire, des espaces réservés au personnel et des zones de stockage.
En filtrant les circulations, ces armatures ouvertes définissent des seuils et hiérarchisent les objets sans rigidifier le parcours. Grâce à la démontabilité des étagères, l'agencement peut être évolutif, au gré des besoins, où l’accrochage et la présentation peuvent se réinventer au fil des usages.
Avec ses tablettes de 60 × 60 cm ajustables tous les 20 cm, l’étagère optimise l’accessibilité : 90-150 cm pour la préhension, 140-160 cm pour la mise en valeur, et au-delà de 170 cm pour l’exposition ou le stockage.
Des fonds en textile
Les rideaux, placés derrière les étagères, prolongent la lecture de l’espace tout en introduisant une stratification visuelle et thermique. Ils unifient le fond des rayonnages et apportent une matérialité textile qui contraste avec la trame structurelle métallique.
D’un côté de l’espace, à droite, derrière un miroir accroché à la structure, un des rideaux cache la cabine d’essayage et un espace de stockage. De l’autre côté, les rideaux servent de fond pour la façade technique et les accès fonctionnels.
Au-delà de leur rôle esthétique, ils fonctionnent comme des régulateurs thermiques passifs, limitant les échanges d’air et réduisant la dissipation de chaleur. Inspirés des principes développés par Philippe Rahm (Le Style Anthropocène, 2023), les rideaux participent à l’optimisation du confort intérieur sans intervention lourde ni consommation énergétique.
Souples et réversibles, ils s’intègrent pleinement dans la logique d’adaptabilité et d’économie de moyen du projet, modulant l’ambiance et accompagnant l’évolution de l’espace au fil du temps et des usages.
Le comptoir-stretch
La notion de modularité est souvent surexploitée, incarnée dans des solutions coûteuses et complexes qui finissent par ne plus marcher et être abandonnées. Notre projet part de quelques principes simples et durables.
Avant tout, l’idée d’occupation de l’espace longitudinal la plus claire et efficace : un très long comptoir s’installe au centre du plan et accueille un ensemble de dispositifs transformables de présentation et de rangement. Ce comptoir-stretch pose avant tout le principe d’organisation de l’espace : une déambulation des clients tout autour en maximisant la surface d’exposition au centre, comme à la périphérie.
Unités mobiles transformers
Complexe d'une longueur totale de 14m, ce geste linéaire, clair et fort, regroupe de multiples fonctions. Le comptoir est conçu comme un dispositif composé d’unités mobiles individuelles transformables, posées sur des rails. Semblable au meuble chariot à outils Citroën, chacun de ces chariots est conçu pour se déplacer, s’ouvrir et se regrouper. Chaque chariot, module d'une longueur de 150cm, par 80cm de largeur et 90cm de hauteur, a une identité et un principe d’exposition différents, reflétant la multitude d’objets, auteurs et images qui pourraient y être présentés. Ce sont dans ces modules que sont disposés les rangements fermables à clés.
Cela nous donne l’opportunité de penser la flexibilité de l’espace intérieur selon les besoins en considérant également l’espace devant la façade du Culture Market.
Les rails occupant l’axe longitudinal de l’intérieur se prolongent à l’extérieur, sous une canopée tubulaire éclairante, permettant différents scénarios d’usage. Les chariots peuvent rester groupés pour former le long comptoir, ou être disposés partiellement à l’extérieur créant un appel fort dans l’espace de circulation publique.
Un système constructif rationnel
Chacune des neuf unités mobiles repose sur une structure en tubes d’acier carré de 40 × 40 mm. Le châssis est monté sur rails encastrés, supporté par quatre roues de 140 mm de diamètre. L’enveloppe est composée de panneaux de tôle fine perforée en aluminium vibré, avec des configurations spécifiques selon les besoins. Les cadres supérieurs en acier permettent une exposition verticale et intègrent un éclairage LED dans une casquette en tôle cintrée. En version déployée, l’ensemble offre une surface d’exposition de 14 m.


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